Comment s'exprime la couleur,

La sensibilité aux couleurs se serait développée dans l'ordre que suivent les couleurs du spectre solaire. Un savant Allemand, Hugo Magnus, étudia la question et conclut à une évolution générale du sens des couleurs. Les couleurs vives, le jaune et le rouge, auraient été perçues avant les plus faibles. A l'entendre, l'homme n'a pas toujours perçu les couleurs que nous percevons et ne percevra pas toujours les couleurs que nous percevons. Magnus fait remarquer par exemple que, à la foi, l'ancien et le nouveau testament, comme les poèmes homériques, où paraissent le rouge et le jaune, ne disent rien du vert des arbres et du bleu du ciel. Il insiste sur les descriptions anciennes de l'arc en ciel. Dans l'Iliade, l'arc en ciel est noté comme rouge, pourpre. Bien plus tard un Levantin ayant fait peindre son portrait, se plaignit que le rouge de son nez fut sale d'un coté. Le peintre eut beau vouloir lui expliquer ce qu'était l'ombre et la lumière et assurer qu'il avait donné le relief à l'éclairage du nez, le Levantin imperturbable, s'empara de sa coiffure, la fit pirouetter sous le nez de son portraitiste " rouge, rouge, rouge partout rouge ". Le Peintre céda, étendit sur la toile un beau ton rouge et plat ..L'amateur applaudit, enchanté, il avait le fez qu'il voulait. Cette introduction pour dire que la couleur n'existe pas en tant que telle, qu'elle n'est que le fruit de notre pensée, elle même le produit de notre génétique, du vécu de nos ancêtres, un pur produit de notre intellect. Notre vision purement subjective détermine une palette, qu'une symbolique admise par notre propre famille " intellectuelle ", nous rend objective.

I :LA VISION SCIENTIFIQUE DES COULEURS,
Lorsque l'homme primitif voulut exprimer ses pensées et les fixer, il dut recourir à des signes qui devinrent à la fois une écriture, un dessin et parfois une peinture. Sous la présentation d'hiéroglyphes, ces signes montrèrent des images de la réalité destinées à figurer des idées, et l 'Égyptien comme le Grec usèrent des mêmes mots lorsqu'ils désignèrent le travail de celui qui écrit et le travail de celui qui peint. Léonard de Vinci écrivit le premier Traité de peinture qui ait parlé de la lumière et des couleurs avec une préoccupation à la fois scientifique et artistique. Dans les Traités antérieurs au sien, dans celui de Cennino Cennini, si précis et si pratique, aucune préoccupation n'apparaît au-delà du simple métier. Les rapports des couleurs entre elles, les lois qui semblent les régir, les phénomènes lumineux de la nature et les procédés capables de les rendre en peinture, tout cela est étudié pour la première fois par Léonard de Vinci, d'une manière encore hésitante, mais où s'accusent des notations que l'art et la science n'affirmeront qu'au XIXe siècle. Mais avant de parler de couleur, parlons de la vision, qui est tout simplement la perception du monde extérieur par les organes de la vue. Scientifiquement, c'est plus compliqué. En effet la vision est le résultat de la traduction au niveau de certains centres nerveux, d'impressions spécifiques, de nature électromagnétique recueillies par les organes sensoriels adéquats. La vision n'est donc qu'une sensation cérébrale où l'oeil n'est qu'un transmetteur, un convertisseur de signaux lumineux en signaux électriques. En fin de compte, l'on ne voit pas avec ses yeux, mais avec son cerveau. Ce que l'on ne sait pas toujours, c'est que la plupart des espèces bactériennes, végétales, animales, sont munies de photorécepteurs spécialisés, mais on ne parle guère de vision que pour les animaux dit supérieurs et donc l'homme. Et la couleur dans tout ça? La couleur est une impression produite sur l'oeil par diverses radiations constitutives de la lumière. Un corps apparaît coloré parce qu'il ne diffuse et ne réfléchit qu'une partie de la lumière blanche qu'il reçoit, ou parce qu'il émet lui même de la lumière s'il est porté à une température suffisante. On peut décomposer une lumière blanche à l'aide d'un prisme.

II: La vision scientifique des couleurs, DÉTERMINE LA PALETTE DES COULEURS,
Le prisme tout comme l'arc en ciel, nous révèle les couleurs fondamentales qui sont le rouge magenta, l'orangé, le jaune, le vert , le bleu, l'indigo et le violet. Une couleur quelconque peut être créée à partir des trois couleurs primaires (le pourpre ou carmin clair, le jaune, le bleu moyen) C'est le principe de la trichromie. Lorsque l'on mélange deux couleurs primaires ( jaune et bleu par exemple), la couleur résultante (vert) est complémentaire de l'autre couleur primaire qui n'a pas participé au mélange (pourpre). On peut donc dire concrètement: Le pourpre est complémentaire du vert. Le bleu est complémentaire du rouge. Le jaune est complémentaire du bleu. Mais à quoi sert, en peinture par exemple, de connaître les couleurs complémentaires? Van Gogh en parle dans une de ses nombreuses lettres à son frère Théo : A créer des contrastes. La juxtaposition de deux complémentaires portera l'une et l'autre à une intensité si violente que la vue aura du mal à le supporter. Enfin, à mon humble avis, toute couleur qui n'est ni noire ni grise ni blanche est une couleur. C'est pourquoi je le répète car j'y tiens, le blanc, le noir, le gris ne sont pas des couleurs. Mais, en tant que Peintre amateur, je peux vous l'assurer, quels merveilleux faire valoir sont ces non-couleurs pour les autres couleurs. Regardez bien maintenant, si vous trouvez un tableau éclatant de couleur, vous ne serez pas surpris d'y trouver une petite touche de gris, pas par hasard.... Mais la palette de couleur ne s'arrête pas aux couleurs génériquement conventionnelles, elle est beaucoup plu large. Nous avons une couleur politique, qui peut être plus ou moins foncée.. Nous pouvons être vert de peur, ou parler vertement, surtout si nous sommes encore vert... Certains sont jaunes lors de grèves, rarement des roses et encore plus rarement des rouges... Nous avons tous été un jour ou l'autre un bleu... Il nous arrive parfois de broyer du noir ou de voir rouge, mais pas toujours d'y voir clair... Et puis, il y a les hommes de couleur, mais l'homme de couleur n'est pas toujours celui à qui l'on pense... Le blanc et le noir n'étant pas des couleurs, comme dit précédemment, le jaune?, souvent un blanc atteint d'hépatite, le peau rouge?, souvent une personne adepte du bistrot, le vert? Peut être sur Mars, mais personne ne l'a encore vu.

III: La vision scientifique des couleurs, détermine une palette, TOUTE SYMBOLIQUE.
Le premier caractère du symbolisme des couleurs est son universalité, non seulement géographique, mais à tous les niveaux de l'être et de la connaissance, cosmologique, psychologique, mystique, etc. Les interprétations peuvent varier: le rouge, par exemple, recevoir diverses significations selon les aires culturelles. Retenons par exemple le rouge du bonnet phrygien porté par les révolutionnaires de 1789 et par Marianne, personnification de la République Française, le rouge sang du prolétaire (par opposition au sang bleu) le rouge couleur de deuil chez les Hindous, le chapeau du cardinal, le vin rouge de la salle humide. Et pour certains la couleur rouge correspond à l'intelligence, la Rigueur et la Gloire, comme ils pensent aussi que le blanc correspond à la Sagesse, à la Grâce, à la Victoire, mais ils pensent aussi que le ciel est bleu, même ci celui ci est étoilé..... Pour les Indiens d'Amérique du nord, à chacun des six secteurs cosmiques est associée une couleur sacrée: l'Ouest est bleu; le Sud rouge; l'Est blanc; le Zénith multicolore; le Nadir noir. Les Aztèques, comme la plupart des Amérindiens, n'ont qu'un mot pour désigner indifféremment le bleu et le vert. En Afrique noire, la couleur est également un symbole religieux chargé de sens et de puissance. Par exemple le blanc est la couleur des morts, le rouge couleur de la vie. Dans les traditions de l'Islam, le symbolisme des couleurs est aussi très riche. Le blanc couleur de la lumière est au contraire de bonne augure, comme le vert symbole de la végétation. C' est pourquoi, un Arabe, à la vue d'un linge blanc, dit fort bien: " ce linge est vert ". Comme le vert couleur des feuilles, est le symbole de la fraîcheur, de l'humidité qui entretient la verdure, cela veut dire: " ce linge vient d'être lavé, il est encore humide " Les couleurs restent donc toujours des supports de la pensée symbolique: Les sept couleurs de l'arc en ciel ont été mises en correspondance avec les sept notes de musique, les sept cieux, les sept planètes, les sept jours de la semaine.

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Date : 2002
Lieu : Bédeille, Pyrénées (France)

 

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